Ces textes sont des extraits du bulletin Unam Sanctam No
Ces textes sont des extraits du bulletin Unam Sanctam No. 3 (Juillet à Septembre) 2008
Témoigner de la vérité est une exigence de l'amour
La huitième Parole de l'Amour infini - ou huitième
commandement de Dieu - s'énonce ainsi : “Faux témoignage
ne diras ni mentiras aucunement”. En positif, le Dieu-Amour en qui nous
croyons, ce Dieu, Père, Fils et Esprit-Saint, qui est tout
amour, et qui appelle à l'amour l'homme qu'il a
créé à son image, lui fait un devoir d'amour de
témoigner de la vérité, et de ne jamais rien dire
de ce qu'il sait être contraire à la vérité.
Témoigner de la vérité apparaît ainsi
comme une exigence souveraine de l'amour. Car on ne peut aimer Dieu et
son prochain en portant des témoignages contraires à la
vérité, et en trompant ses semblables par toutes les
formes possibles de mensonges. La raison fondamentale du devoir
sacré qui oblige tous les hommes à témoigner de la
vérité et à ne déroger en rien de la
vérité dans leurs paroles et leurs actes est qu'en Dieu
l'amour infini et la plénitude de la vérité
s'identifient. De même que Dieu le Père est l'Amour
infini, de la même manière il est la Vérité
dans toute sa plénitude. Ce qui s'applique aussi au Fils et au
Saint-Esprit. Par l'incarnation, l'Amour infini du Père se rend
visible et tangible en Jésus-Christ, qui a identifié sa
Personne à la Vérité et a décrit sa mission
sur la terre en terme de témoignage divin rendu à la
vérité : “Je suis la Vérité”, a-t-il-dit,
et “si je suis venu dans le monde, c'est pour rendre témoignage
à la vérité. Et quiconque est de la
vérité écoute ma voix”. Avant de monter au ciel
pour y prendre possession de son trône de gloire,
Jésus-Christ a promis qu'il enverrait d'auprès du
Père dans le monde son Esprit d'amour et de
vérité. Amour substantiel du Père et du Fils,
l'Esprit-Saint vient dans le monde pour enflammer les coeurs du divin
Amour et ainsi renouveler toute la face de la terre. Esprit de
vérité, il vient poursuivre la mission de Jésus,
de manière que tous les hommes dociles à son action
soient conduits à la vérité toute entière
et deviennent capables, à l'imitation de Jésus, de rendre
par toute leur vie un ardent témoignage à la
vérité.
Tous appelés à rendre témoignage à la vérité
La huitième Parole de l'amour infini, défendant tout
faux témoignage et toute forme de mensonge, rappelle d'abord
à toute personne humaine sa vocation divine à
témoigner de la vérité, à poursuivre dans
toutes ses paroles et ses actes, par amour de Dieu et du prochain,
l'unique but de faire connaître et servir la
vérité. La vérité, dans son essence
même étant Dieu, la faire connaître et la servir,
c'est par-dessus tout faire connaître et servir Dieu
lui-même. Ainsi, être du parti de la vérité,
c'est être avec Jésus, c'est être du nombre des
serviteurs de Dieu, c'est se comporter en enfants de Dieu, qui est la
vérité même.
Jésus-Christ, docteur de la vérité, enseigne
à tous ceux qui veulent être ses disciples, la seule voie
véritable du salut, et quand il fonde son Église, c'est
pour qu'elle soit l'école divine où toutes les nations
sont conviées à apprendre la vérité qui les
libérera de tout esclavage. En transmettant à tous les
peuples la doctrine du divin Maître, l'Église
assistée par son Esprit a pour mission de construire le royaume
de la vérité et de l'amour sur la terre, comme phase
temporelle du royaume éternel de Dieu.
D'autre part, depuis le commencement du monde, s'est levé le
Satan, l'adversaire du Christ-Roi immortel des siècles,
cherchant à entraîner tous les hommes à sa suite
dans sa révolte contre Dieu, dans son mépris et sa haine
de la vérité. Toute opposition à la
vérité, toute tromperie, tout mensonge vient de lui.
Jésus nous a révélé l'identité de
son adversaire : il est le “père du mensonge”. Il est le premier
qui a osé porter un faux témoignage contre la
véracité divine, en accusant devant nos premiers parents
Dieu lui-même d'être menteur. Il est le premier qui a menti
et qui ne cesse de mentir. En trompant une multitude d'hommes,
après Adam et Ève, il s'est fait un royaume construit sur
le mensonge, dans le but de détruire le royaume de la
vérité bâti par Jésus-Christ sur son divin
témoignage. Ainsi, depuis les origines de l'humanité, le
royaume de Dieu est combattu par le royaume de Satan, et depuis ses
débuts, l'Église de Jésus-Christ, dont la mission
est d'enseigner la vérité, est en butte aux
persécutions d'une contre-Église gouvernée par le
père du mensonge. La grande charte de l'Église du Christ
est l'amour de Dieu et du prochain, fondé sur la
vérité, tandis que la loi ténébreuse de
l'Église de Satan est la haine de Dieu et des hommes,
fondée sur l'hypocrisie et le mensonge.
L'origine du mensonge et du faux témoignage étant
diabolique, il s'ensuit que toute personne qui ment ou rend quelque
faux témoignage participe à l'oeuvre de Satan ; et dans
la mesure qu'elle est fixée dans le mensonge et y évolue,
elle lui est intimement associée, elle travaille avec lui contre
Jésus-Christ. La prise de conscience du caractère
diabolique de tout mensonge, même léger, fut le principe
de la conversion et de la consécration totale à
Jésus-Christ de plusieurs saints, dont saint André
Avellin, saint Alphonse de Liguori et saint Fidèle de
Sigmaringen ; tous les trois, ayant fait quelque petite concession au
mensonge dans leurs plaidoiries, se sont détournés de
leur profession d'avocats pour mettre désormais tous leurs
talents au service de la cause du Christ.
Si la huitième Parole de l'amour infini défend de
blesser la vérité, c'est donc premièrement parce
que la vérité est le bien propre de Celui qui est
essentiellement Vérité, Dieu. En niant la
vérité, on fait injure à Dieu, qui en est la
source. En se détournant de la vérité, on s'oppose
à Jésus-Christ, qui en est le Témoin
fidèle. “Celui qui nie la vérité, dira saint
Augustin, renie par là même Jésus-Christ”.
Par ailleurs, la vérité est le fondement de la vie
sociale. Sans la vérité, les relations humaines
n'offriraient plus ni paix, ni sécurité ; on ne pourrait
se fier à aucun traité, ni à aucun contrat. Sans
la vérité comme appui, la société
croulerait comme un édifice sans fondement. C'est ce qu'affirme
saint Thomas d'Aquin dans la somme théologique : “Les hommes ne
pourraient pas vivre ensemble, s'ils n'avaient pas de confiance
réciproque, c'est-à-dire s'ils ne se manifestaient pas la
vérité” (2a 2ae, art.109, 3 ad 1).
La vérité est aussi un droit naturel qui appartient
à tous les hommes, car la vérité est l'objet
même de l'intelligence humaine. Notre intelligence, en tant que
faculté naturelle, est faite pour la vérité ; la
vérité est la nourriture nécessaire à sa
perfection, comme le bien est la nourriture que cherche la
volonté pour s'épanouir. Frustrer l'intelligence dans sa
quête de vérité c'est en violant son droit naturel
premier, lui causer un grave préjudice. Refuser la
vérité à quelqu'un, c'est mépriser sa
dignité de créature intellectuelle, c'est le haïr en
tant qu'il porte en lui l'image de Dieu.
La vertu qui consiste à se montrer vrai en ses actes et
à dire vrai en ses paroles a pour nom la véracité
ou franchise. La huitième parole de l'Amour infini fait à
tous les hommes sans exception le devoir d'être vrais et de
toujours agir avec une entière franchise, afin de se servir de
la parole, non pour exploiter son semblable et créer des
conflits, mais, selon les merveilleuses intentions du Créateur,
comme d'un instrument qui soit exclusivement au service de la
vérité, de la justice, de l'amour et de la paix,
c'est-à-dire au service du royaume de Dieu.
Le Mensonge, péché universel
Le saint roi David nous assure que le mensonge est, en quelque
sorte un péché universel, lorsque constatant
l'inclination générale à mentir et la
difficulté qu'on éprouve à compter sur une
amitié fidèle, il affirme dans le psaume 115, (au verset
11) : “Tout homme est menteur”.
Tout homme est menteur, en ce sens que le mensonge est le
vêtement dont tendent à se couvrir tous les vices et tous
les défauts, afin de voiler leur laideur et de se justifier. On
ment en effet par cupidité, pour faire de l'argent ; par
orgueil, pour se montrer supérieurs aux autres ; par ambition,
pour réussir à tout prix et monter dans l'échelle
sociale ; par méchanceté pour nuire à autrui ; par
lâcheté, pour cacher sa paresse et ses négligences
ou encore pour se défendre de peines méritées par
ses fautes et ses erreurs. D'innombrables occasions dans la vie
courante ouvrent la porte au mensonge. On ment, parce qu'on a peur du
jugement des autres, parce qu'on craint d'être mal vus et
d'être rejetés, parce qu'on a peur de perdre quelque
avantage matériel ou social. S'enfonçant dans une sorte
de mensonge intérieur, on en arrive à nier le mal qu'on
ne veut pas voir en soi. On cherche plutôt à projeter une
belle image de soi-même, mais qui ne correspond pas à la
réalité.
L'expérience nous l'enseigne, le mensonge a libre cours dans
tous les domaines, du plus profane au plus sacré. On peut mentir
au nom de la religion, au nom de la philosophie, au nom de la science,
au nom du droit, au nom de la politique, au nom de l'économie et
du commerce, au nom de quelque compétence professionnelle et
dans le cadre de quelque activité que ce soit. Il y a donc des
mensonges d'ordre religieux, des mensonges philosophiques, des
mensonges scientifiques, des mensonges juridiques, des mensonges
politiques, des mensonges socio-économiques et des mensonges qui
entachent les plus simples relations interpersonnelles.
Il y a mensonge de nature religieuse, lorsqu'au nom de Dieu ou de
sa volonté, on légitime la violence et les crimes les
plus barbares, ou encore des pratiques gravement immorales. On ment
aussi au nom de la religion, lorsqu'on falsifie la Parole de Dieu en la
soumettant à des vues et à des ambitions humaines. On
ment encore au plan religieux en ne voulant tenir aucun compte du Verbe
de Dieu incarné, Jésus-Christ, en dehors duquel ne
subsiste aucune vérité ; en rejetant à priori les
dogmes de foi comme étant des inventions humaines ; en rejetant
le caractère divin, donc absolu, des commandements de Dieu ; en
niant les miracles comme étant des manifestations de la
toute-puissance de Dieu; en ne faisant de la religion qu'une
activité purement naturelle ; en donnant autant de valeur aux
autres religions qu'à la seule religion divine, celle que
Jésus-Christ a fondée sur la foi des apôtres et
particulièrement sur la foi de Pierre. Le mensonge est en
réalité l'outil indispensable des détracteurs de
la religion, des négateurs de la culture chrétienne
qu'ils noient dans une soi-disant culture religieuse supérieure,
principalement composée d'une multitude d'erreurs
prétendant être des moyens de salut. Au témoignage
de saint Jean, tous ceux qui nient que Jésus soit le Christ sont
menteurs : “Je vous ai écrit, non parce que vous ne savez pas la
vérité, mais parce que vous la savez et qu'aucun mensonge
ne procède de la vérité. Qui est le menteur,
interroge-t-il, sinon celui qui nie que Jésus soit le Christ ?”
(I Jn. 2, 21-21). Il écrit encore : “Tout esprit qui confesse
Jésus, le Christ venu dans la chair, est de Dieu, et tout esprit
qui ne confesse pas ce Jésus n'est pas de Dieu : c'est bien
plutôt celui de l'Antéchrist, dont vous avez entendu dire
qu'il vient, et maintenant déjà il est dans le monde.” (I
Jn. 4, 3).
En philosophie et dans les sciences, il est possible, non seulement
de se tromper, mais de tromper volontairement, et donc de mentir, en
enseignant des principes qu'on sait être faux et de fausses
théories, comme celle, tout à fait ridicule et injurieuse
à Dieu, qui impose comme un dogme de foi, que la race humaine
tient son origine d'une famille évoluée de singes.
Origine plus que ténébreuse qu'on reporte à une
période préhistorique, échappant par le fait
même à toute possibilité d'établir quelque
preuve scientifique que ce soit. Le mensonge consiste alors à
poser en certitude scientifique une pure hypothèse sans une
preuve ne laissant place à aucun doute. Ceux qui pratiquent
l'art de mentir en philosophie et dans les sciences ont inventé
une manière de raisonner arbitraire, qui contrevient, parfois
subtilement, aux lois essentielles de la logique. De temps
immémorial, les faux raisonnements ou sophismes ont
cherché soit à généraliser ou augmenter la
portée des faits, soit à en réduire ou diminuer la
signification, et même à les interpréter dans un
sens tout à fait contraire à la vérité. Et
ce sont là différentes manières de mentir.
Lorsque la science du droit refuse de se baser sur la loi naturelle
et ne veut s'appuyer que sur des faits actuels de la
société - auxquels on donne le nom de “culture” - elle
ne peut être que source de mensonges et engendrer de faux droits.
C'est ainsi que la culture dite moderne remplace la loi de nature pour
servir de fondement à la proclamation d'un droit à
l'avortement, d'un droit au mariage homosexuel, d'un droit à
rejeter les racines de l'histoire d'un peuple pour lui créer
à partir de faits non représentatifs une nouvelle
identité, qui en réalité est pure invention.
Quant à la politique, telle qu'elle s'exerce habituellement
depuis Machiavel, elle semble être la tribune
privilégiée du mensonge. Quels mensonges n'est-on pas
prêt à commettre pour prendre le pouvoir, le conserver et
l'étendre ! Au nom du bien commun défini comme
étant le bien propre du gouvernement au lieu d'être le
bien de tous les citoyens, quels abus de pouvoir pouvons-nous constater
par lesquels sont violés les droits de la conscience
individuelle et surtout les droits des familles, spécialement
dans le domaine de l'éducation, qui appartient d'abord et avant
tout aux parents !
Le domaine le plus exposé au mensonge semble être
celui de la gestion des biens économiques et toutes les
transactions d'affaires, en raison de la cupidité qui soumet
beaucoup de personnes et de compagnies au pouvoir séducteur de
l'argent. Enfin, dans tous les domaines de l'activité humaine se
rencontrent, en plus de ceux qui mentent occasionnellement, des
spécialistes dans “l'art de mentir”, de manipuler, de frauder.
L'inclination à mentir, bien qu'elle puisse être plus
notable en certains peuples, comme les prophètes l'ont
remarqué, ne leur est pas réservée. Elle est
nécessairement plus répandue dans tous les peuples qui ne
connaissent pas le vrai Dieu, ou qui, l'ayant connu, l'oublient et
oublient ses commandements. L'oubli de Dieu et de ses commandements a
pour conséquence inévitable qu'on tombe sous
l'autorité du père du mensonge, qui ne sait enseigner
à ses disciples en quête de richesses et d'honneurs que
les artifices du mensonge. Si le combat pour le triomphe de la
vérité se fait sur le plan social entre l'Église
du Christ et l'Église de Satan, c'est à
l'intérieur de chaque âme qu'il se livre personnellement
entre deux esprits, l'esprit de Jésus et l'esprit du
démon. Au fond du coeur de tout homme, il y a une lutte
perpétuelle entre la vérité et le mensonge. La
victoire de la vérité ne peut être accordée
qu'aux personnes qui se laissent purifier et libérer de tout
mensonge, de toute duplicité et de toute tromperie par
Jésus-Christ.
La huitième Parole de l'Amour infini nous commande
d'être, à l'image de Jésus-Christ, des
témoins de la vérité, et donc d'être, durant
toute notre vie, des amoureux et serviteurs de la vérité.
Aimer et servir la vérité, c'est aimer et servir
Jésus-Christ.
J.-R.B.