Ces textes sont des extraits du bulletin Unam Sanctam No
Ces textes sont des extraits du bulletin Unam Sanctam No. 2 (Avril à Juin) 2008
Pensées de Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus
Avoir une confiance sans bornes en la miséricorde de Dieu
Ce n'est pas parce que j'ai été
préservée de la tache du péché mortel que
je m'élève à Dieu par la confiance et par l'amour.
Ah ! je le sens, quand même j'aurais sur la conscience tous les
crimes qui peuvent se commettre, je ne perdrais rien de ma confiance ;
j'irais, le coeur brisé de repentir, me jeter dans les bras de
mon Sauveur. Je sais qu'Il chérit l'enfant prodigue, j'ai
entendu ses paroles à la Samaritaine. Non, personne ne pourrait
m'effrayer, car je sais à quoi m'en tenir sur son amour et sa
miséricorde. Je sais que toute cette multitude d'offenses
s'abîmerait en un clin d'oeil comme une goutte d'eau jetée
dans un brasier ardent.
*
Dieu ne demande que notre bonne volonté
À une de ses novices qui se décourageait à la
vue de ses fautes sainte Thérèse de l'Enfant Jésus
répondit : Vous me faites penser au tout petit enfant qui
commence à se tenir debout, mais ne sait pas encore marcher.
Voulant absolument atteindre le haut d'un escalier pour retrouver sa
maman, il lève son petit pied afin de monter la première
marche. Peine inutile ; il retombe toujours sans pouvoir avancer. Eh
bien ! soyez ce petit enfant par la pratique de toutes les vertus,
levez toujours votre petit pied pour gravir l'escalier de la
sainteté, et ne vous imaginez pas que vous pourrez monter
même la première marche. Non ; mais le bon Dieu ne demande
de vous que la bonne volonté. Bientôt vaincu par vos
efforts inutiles, il descendra lui-même, et, vous prenant dans
ses bras, vous emportera pour toujours dans son royaume d'amour
où vous ne le quitterez plus. Mais si vous cessez de lever votre
petit pied, il vous laissera longtemps sur la terre.
*
Vivre le moment présent
Vous avez bien tort de penser à ce qui peut arriver de
douloureux dans l'avenir ; c'est comme se mêler de créer !
Nous qui courons dans la voie de l'amour, il ne faut jamais nous
tourmenter de rien. Si je ne souffrais pas de minute en minute, il me
serait impossible de garder la patience ; mais je ne vois que le moment
présent, j'oublie le passé et je me garde bien
d'envisager l'avenir. Si l'on se décourage, si parfois on
désespère, c'est parce qu'on pense au passé et
à l'avenir.
*
Aimer Jésus à la folie
Jésus ! je voudrais tant l'aimer ! L'aimer comme jamais il n'a été aimé.
Sans l'amour toutes les oeuvres ne sont que néant.
Le véritable amour se nourrit de sacrifices, et plus
l'âme se refuse de satisfactions naturelles, plus sa tendresse
devient forte et désintéressée.
Aimer c'est faire plaisir au bon Dieu
*
En quête de liberté intérieure
Dans un petit livre Chemins de liberté, le Père Anselm
Grünn, O.S.B., se référant aux Pères de
l'Église, souligne, parmi bien d'autres, deux obstacles
intérieurs à un comportement vraiment libre. Le premier
vient de notre imagination. Le second de notre appréciation
subjective des choses, des personnes et des événements.
Il écrit :
D'abord, il y a la différence entre les
événements et les représentations que nous nous en
faisons. Cela représente pour moi un sujet important. En effet,
beaucoup se lamentent sur leur vie et croient qu'ils sont
désavantagés, que pour eux, tout va mal, que tous ont
quelque chose contre eux ; or, ils confondent les faits avec
l'idée qu'ils s'en font. Voilà quelqu'un qui croit que
l'autre a quelque chose contre lui. En vérité, ce n'est
pas le cas, c'est lui qui se l'imagine. Un autre se plaint de ce que
son patron ne le prenne pas au sérieux. Là encore, la
question est de savoir si telle est bien la réalité et
s'il se l'imagine seulement, parce que lui-même ne se prend pas
au sérieux. La façon dont les faits agissent sur nous
dépend toujours des représentations que nous nous faisons
d'eux. Et comme ces représentations dépendent de nous,
nous sommes responsables du degré d'influence et de
détermination que ces réalités exercent sur nous.
Le chemin de la liberté fait encore passer les
chrétiens par la distinction entre ce qui est en notre pouvoir
et les choses extérieures, sur lesquelles je n'ai aucune prise.
Mais les choses extérieures ont un pouvoir sur nous quand nous
le leur donnons. Cela relève toujours de notre décision,
oui ou non, de donner pouvoir à un événement, de
nous énerver toute la journée à cause d'une
mésaventure qui nous survient, ou d'y consentir, conscients que
cela affecte notre moi profond. La plupart du temps, nous sommes
responsables de notre bonheur ou de notre malheur. La vie spirituelle
consiste à voir les choses comme Dieu les voit et à nous
interroger sur notre vision quotidienne des choses, de sorte que nous
démasquions les projections que nous faisons en permanence sur
les hommes et les événements, qui obscurcissent chez nous
les intentions de Dieu, à un point tel qu'il ne nous est plus
possible de les discerner.
Décisive est aussi pour nous l'expérience de la
liberté face à la mort, comme nous le lisons chez
Clément (d'Alexandrie). Qui peut également consentir
à la mort avec reconnaissance n'a pas peur de mourir. Et
l'affranchissement de toute peur devant la mort est la condition pour
que nous puissions nous sentir absolument libres. Celui qui refuse de
regarder la mort en face est contraint de vivre en permanence dans la
peur que la mort puisse le surprendre à tout moment comme un
voleur. Il est toujours en fuite, et entraîné par la peur
à être de plus en plus éloigné de la
réalité de sa mort. Selon Clément, la mort est "
la restitution empreinte de reconnaissance de notre tente (notre
corps), quand l'âme s'en est séparée ". Savoir que
notre vie ne nous appartient pas, que nous n'avons aucun droit à
une longue vie, mais que nous l'avons reçue de Dieu et qu'il
nous faut la lui remettre avec gratitude, tel est le motif le plus
profond d'une véritable liberté.
Anselm Grünn, O.S.B., Chemins de liberté, Médiaspaul, 2000, p. 76-78.
Le Voyage apostolique de Benoît XVI aux États-Unis
Quelques mots d'ordre du Successeur de Pierre :
Sur la Prière
Le temps passé à prier n'est jamais perdu, même
si les devoirs qui nous pressent de toutes parts sont importants.
L'adoration du Christ notre Seigneur dans le Très Saint
Sacrement prolonge et intensifie cette union avec lui, qui se constitue
à travers la célébration eucharistique (voir Sacramentum Caritatis
66). La contemplation des mystères du Rosaire libère
toute leur force salvifique en nous conformant, en nous unissant et en
nous consacrant à Jésus-Christ (voir Rosarium Virginis Mariae, 11, 15).
La prière même, née dans les familles
catholiques, nourrie par des programmes de formation chrétienne,
renforcée par la grâce des sacrements. est le moyen
principal par lequel nous parvenons à connaître la
volonté de Dieu pour notre vie. Dans la mesure où nous
enseignons aux jeunes à prier, et à bien prier, nous
coopérons à l'appel de Dieu.
Permettez-vous au murmure de Dieu, à son appel à la
bonté, de se faire entendre ? Mes amis, ne craignez ni le
silence ni le calme ; écoutez Dieu, adorez-le dans
l'Eucharistie. Laissez sa parole façonner votre chemin en route
vers la sainteté.
Puissiez-vous, par vos prières, par le témoignage de
votre foi, par la fécondité de votre charité,
indiquer la voie vers ce vaste horizon d'espérance que Dieu
ouvre encore aujourd'hui pour son Église, plus encore pour
l'humanité tout entière : la vision d'un monde
réconcilié et renouvelé en Jésus-Christ,
notre Sauveur. À lui honneur et gloire, maintenant et pour
toujours. Amen !
*
Aux jeunes gens
Regardez autour de vous avec les yeux du Christ, écoutez
avec ses oreilles, ressentez les choses et pensez avec son coeur et son
esprit. Êtes-vous prêts à tout donner, comme lui,
pour la vérité et la justice ?
Parfois, on fait référence à nous comme des
gens qui ne parlent que d'interdictions. Or rien ne saurait être
plus éloigné de la vérité ! Car
adhérer à la foi chrétienne, c'est être
constamment émerveillé. Nous sommes là devant ce
Dieu que nous connaissons et que nous aimons comme un ami, devant
l'ampleur de sa création et devant la beauté de notre foi
chrétienne.
Nourris par la prière personnelle, portés vers le
silence, façonnés par la liturgie de l'Église,
vous découvrirez la vocation particulière qu'a
prévue Dieu pour vous. Embrassez-la dans la joie.