www.lumenc.org DUCCIO di Buoninsegna, Guérison de l'aveugle / Healing of the Blind Man, 1308-11, Detail, Tempera on wood, 43 x 45 cm, National Gallery, London
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Unam Sanctam 1 Janvier-Mars

Ces textes sont des extraits du bulletin Unam Sanctam No

Ces textes sont des extraits du bulletin Unam Sanctam No. 1 (Janvier à Mars) 2008

Les Triomphes de la Vérité

Dieu, la Vérité première, triomphe toujours. Il est tout-puissant. En vain ses ennemis s'agitent, conspirent contre Lui. Il les domine tous du haut de son trône, il se rit de leurs efforts pour l'anéantir. Deus autem irridebit eos (Ps. 1, 4). Il les voit tous s'effondrer et disparaître les uns après les autres. Il demeure, éternel, immuable, avec tous les droits de son inaliénable Souveraineté. En Lui triomphe la Vérité.

Jésus-Christ, qui est la Vérité, est un perpétuel triomphateur. Dans tous les mystères de son Incarnation, de sa vie cachée, de sa vie publique, de sa Passion et de sa mort sur la Croix, il prépare, il commence, il mérite les grandes victoires sur les puissances des ténèbres, les triomphes de la vérité sur le démon, père du mensonge, et sur son royaume de perdition.

Quand Jésus rend témoignage à la vérité devant le Sanhédrin en affirmant qu'il est le Fils de Dieu ; quand il attire sur lui, par sa déclaration solennelle, les malédictions de la synagogue et la condamnation à mort, c'est la vérité qui triomphe en Lui ! Quand, sur la Croix où il expire, il semble décidément vaincu ; quand, de son Coeur ouvert par la lance, jaillissent du sang et de l'eau, figures des sacrements, spécialement du Baptême et de l'Eucharistie, Jésus enfante son Église à la vie de la grâce, à la vérité : c'est le peuple saint, celui qui gardera la vérité, en qui elle triomphera: Gens sancta, custodiens veritatem (lsaïe, XXVI 2).

Quand Jésus sort du tombeau, glorieux ; quand il monte au ciel où il va préparer des places à ses élus ; quand il siège à la droite de Dieu le Père, plein de force et de majesté, ses victoires sont celles de la vérité!

Quand, conjointement avec le Père, il envoie le Saint-Esprit à ses apôtres réunis dans le cénacle, c'est avant tout pour prêcher la vérité, selon la mission qu'ils ont reçue de lui: "Allez, enseignez toutes les nations, leur apprenant à garder tout ce que je vous ai annoncé, et voici que je suis avec vous jusqu'à la consommation des siècles". Cette promesse signifie d'abord qu'il les assistera par son Esprit-Saint dans leur enseignement, de telle sorte qu'ils auront le privilège de l'infaillibilité, et que l'Église le possédera jusqu'à la fin des siècles. Quel continuel triomphe pour la Vérité!

Depuis l'heure de son Ascension jusqu'au dernier jour du monde, Jésus exerce son pouvoir de Souverain Juge, selon la parole dite par son Père : "Asseyez-vous à ma droite, jusqu'à ce que je fasse de vos ennemis l'escabeau de vos pieds" (Ps CXXXIX). Chacun de ses adversaires, au cours des siècles, vient tour à tour se briser contre Lui, Pierre Angulaire, et se trouve foulé sous ses pieds vainqueurs. Aux assises formidables du dernier jugement, tous les impies seront à la fois l'escabeau de ses pieds, broyés sous son sceptre de fer. Quel triomphe pour la Vérité!

La Vérité remporte une victoire en chaque chrétien qui la garde fidèlement. C'est sa vertu propre, elle est invincible. "Toute chair est comme l'herbe, et toute sa grâce, comme la fleur des champs. L'herbe se dessèche, la fleur se flétrit, mais la parole de Dieu demeure éternellement. Verbum Domini manet in aeternum" (Isaïe XL, 68 et I Ep. de St Pierre 1, 24-25). Oui, tout homme, par lui-même, est fragile; mais voyez ce martyr au milieu des supplices : aux yeux d'un monde aveugle et stupide, c'est un vaincu. Devant Dieu et ses millions d'anges, devant l'Église militante et triomphante, c'est un vainqueur dont les lauriers sont immortels. II rend à la Vérité le plus éclatant des témoignages ; il le signe de son sang. En lui la Vérité triomphe. C'est de sa force qu'il est revêtu.

Tous les chrétiens ne sont pas appelés à l'honneur du martyre. Mais écoutons Saint Paul: "Omnes qui pie volunt vivere in Christo Jesu, persecutionem patientur (II Tim. Ill 12). Tous ceux qui, par une vie franchement chrétienne vivent dans le Christ Jésus, souffriront persécution". Ne le voyons-nous pas tous les jours? Les vrais chrétiens, soldats de Jésus-Christ, militants contre l'esprit d'erreur, étrangers aux moeurs relâchées du monde, ne sont-ils pas partout en butte aux critiques, aux reproches, aux tracasseries de ceux qui aiment à composer avec le siècle, et qui, sans rompre avec la religion, sont toujours prêts à faire aux enfants de ténèbres de périlleuses concessions ?

Pour être le témoin fidèle de la vérité et demeurer tel au milieu d'une société esclave du mensonge, il faut du courage, il en faut beaucoup. Heureux celui qui persévère jusqu'à la fin sans rendre les armes, sans rougir de l'Évangile! En lui aussi la Vérité est victorieuse!

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Source : R. P. Hello, dans Sagesse, n.427, p.3

Le Péché contre le Saint-Esprit

Jésus, parmi les cures miraculeuses qu'il opérait, multipliait les guérisons de possédés. Ce fait gênait les Scribes, ses ennemis jurés. Le bon peuple disait : “Puisqu'il chasse le démon, Jésus est sûrement l'ami de Dieu, dont le diable est l'ennemi ; car le démon ne se hait pas lui-même”. Et, bonnement, il suivait le Maître. C'est de cela que les Scribes étaient furieux. Le raisonnement du peuple était juste. Ils n'y pouvaient répondre. Alors, invoquant leur autorité et leur science, ils affirmaient : “Jésus est un possédé lui-même. C'est au nom de Belzébuth qu'il chasse les démons”.

Ce que Jésus entendant, il prononça la parole fameuse, - parole de pitié et tombée elle aussi de son Coeur, mais qu'il faut bien comprendre -: “En vérité, je vous le dis, tout sera pardonné aux fils des hommes, les péchés et les blasphèmes, tant qu'ils en auront proféré. Mais quiconque aura blasphémé contre l'Esprit-Saint n'aura jamais de pardon: il est coupable d'une faute éternelle. “

Qu'est-ce à dire? Y aurait-il un péché si horrible qu'il éteindrait au Coeur de Jésus toute pitié? Il faut comprendre la parole de Jésus.

L'oeuvre du salut est une collaboration. Dieu y prend la rude part; il nous y laisse pourtant un rôle à jouer, modeste, mais nécessaire. Ce n'est pas assez : ce rôle, il se contente de nous l'offrir, ne nous l'imposant pas de vive force : “Si tu veux être sauvé”, nous dit-il ! Lui, veut que nous soyons sauvés : il nous laisse pourtant libres de nous perdre. Mystère, mais dont l'obscurité ne tourne contre nous que parce que nous le voulons bien ! Or, justement, cette volonté obstinée de ne pas nous servir des moyens du salut que la bonté divine nous offre, voilà ce que Jésus appelle le péché contre le Saint-Esprit, et dont il dit qu'il est irrémissible.

Ceux qui le commettent, ce sont ces Pharisiens orgueilleux qui, voyant le Sauveur multiplier sous leurs yeux les miracles par où il établissait sa divine mission, entêtés à rejeter ce témoignage, refusaient de croire en lui, de peur sans doute de passer pour des simples d'esprit et pour ne pas faire comme les publicains et les pécheurs qui marchaient à la suite du Maître. Jésus, l'âme navrée, et lisant dans l'avenir, les menaçait des colères divines, s'ils s'obstinaient encore ; mais eux, en pleine lumière, refusaient toujours de voir. “Ce qui perd le monde, insistait-il, c'est que la lumière est venue et que les hommes lui ont préféré les ténèbres”. Et, sourds à ces menaces comme ils étaient aveugles à la clarté des miracles, les pharisiens se tenaient toujours loin de lui. Ah ! si, même alors, et après de longs et impertinents refus, vaincus enfin, ils étaient venus, même la nuit et en secret, comme le fit Nicodème, lui demander qu'il leur donnât cette vie divine qu'il était venu porter au monde! Comme le père du prodigue, il les eût pressés sur son Coeur, heureux d'avoir triomphé d'une obstination à laquelle il s'était fait une loi de ne pas faire violence !

Mais non, il est des âmes qui, jusqu'au bout, se refusent à Dieu : dans cette lutte du faible contre le fort, c'est le faible, hélas ! qui l'emporte : la miséricorde est vaincue ; c'est l'heure de la justice. Dieu nous avait enseigné dans son Évangile que, lassé par nos instances, il nous accorderait ce que nous lui demanderions avec importunité; l'homme ne le paie pas de retour : de sa miséricorde Dieu le harcèle ; il y met ses larmes et son sang et l'homme obstinément se refuse.

Mais alors quand il le condamne enfin, est-ce Dieu qui se retire ou l'homme, qui le fuit ; est-ce la miséricorde divine qui se rebute ou la malice humaine qui la dédaigne ?

Voilà bien le sens de cette parole de Jésus, qui nous apparaît dès lors comme une parole d'amour et de pitié : toute damnation est une défaite de la pitié divine ; il n'y a de péché irrémissible que l'obstination contre elle.

Y en a-t-il qui le commettent ? Oui, tous les damnés. Y a-t-il des damnés ? Oui, les anges, à coup sûr.

Pour les hommes, nous n'en savons rien par certitude de foi ; mais l'Église nous enseigne dans sa liturgie de la messe du Jeudi-Saint que Judas est damné.

Ils auraient donc, les anges et Judas, commis le péché irrémissible ? Oui, ils s'étaient obstinés jusqu'à la fin contre la miséricorde divine.

Y a-t-il eu dans leur vie un moment précis où ils sont entrés dans cette voie de l'impénitence finale, sans aucune possibilité de recul ? Non. Jusqu'à la fin, la miséricorde et le pardon ont été offerts. Jusqu'à la fin ils les ont refusés. C'est ce dernier acte qui est le péché contre le Saint-Esprit.

Mais enfin y a-t-il des péchés qui acheminent plus sûrement vers cette fin horrible? À coup sûr. Lesquels?

Interrogeons le Coeur de Jésus... Qu'il nous fasse cette pitié d'éclairer à nos yeux si vivement ce chemin maudit que jamais nous ne nous y engagions.

Et d'abord notons bien devant qui il parle de ce péché et sur qui il fait peser cette menace. Il s'agit des Scribes. Les Scribes étaient des hommes instruits des choses des Écritures. Ils étaient placés à souhait pour connaître le Messie quand il paraîtrait. Les Scribes, de ce point de vue, étaient des privilégiés. La lumière, peut-on dire, les aveuglait. Or, ils péchaient contre elle sciemment, délibérément, par orgueil ou par intérêt.

Autre exemple encore, celui de Judas. Lui aussi était un privilégié. Trois ans d'intimité avec Jésus lui avaient appris bien des choses que lui seul et les apôtres avaient entendues ; bien plus, il avait pu, dans ce contact de tous les jours avec Jésus, apprécier les délicatesses de son coeur ; il aurait dû, comme Pierre, l'aimer follement ! Pourtant il se damna. Par un crime, en somme, point pire que celui de Pierre, qui pleure, est pardonné et devient un saint. Où est la différence de dispositions qui conduit à une fin si opposée? Tous les deux sont des privilégiés de la grâce et de la lumière ; tous les deux tombent lourdement : Pierre, au lieu de s'obstiner, implore son pardon ; Judas se désespère. Ils avaient le même geste à accomplir; d'où vient que Judas ne peut le faire ? Il ne le voulut pas. Pourquoi ? Longuement, sciemment, il s'était fermé à l'influence de Jésus, parce qu'il se livrait éperdument à son vice : l'amour de l'argent. Il y eut, au cours de sa vie, une accumulation formidable de péchés contre la lumière. Le dernier, le plus grave, ce fut, à l'heure suprême, la résistance à l'appel de Jésus, au moment du baiser : “Amice ! Mon ami, tu trahis le Fils de l'Homme par un baiser!”. Tout le Coeur de Jésus passa dans ce combat, qu'il voulait victorieux, dans ce baiser donné qu'il rendit, pour sa part, en toute sincérité. C'était fini, le coeur de l'apôtre indigne était fermé. Il le demeurera jusqu'au bout.

De ces deux exemples concluons que ceux-là sont exposés à commettre le péché irrémissible qui ont beaucoup reçu... les Scribes, Judas, les anges, tous des privilégiés de Dieu. Leur crime est sciemment, délibérément, à coups multiples et répétés, de se refuser aux avances divines, aux oracles secrets de la grâce, à ses reproches, à ses lumières. Comme on s'endurcit le coeur par des cruautés successives et répétées, au point qu'on puisse penser et accomplir les crimes les plus hideux ; alors il se fait que le coeur intérieur, le centre de l'âme, où Dieu nous envoie ses dons, à force d'en abuser, à force de les refuser, y devienne insensible : on se fixe volontairement dans le mépris et la haine de Dieu.

Moi, je veux vous aimer, Seigneur. Je pourrai bien, comme Pierre, avoir aussi mes heures, mes longues heures d'aberration et de folie, je veux malgré tout vous aimer. Je vous remercie de m'avoir montré la route mauvaise, qui mène à l'abus conscient et coupable de vos grâces. C'est une pitié de plus à mon égard. Soyez-en béni ! Préservez-moi toujours, gardez-moi de la torpeur et du sommeil de l'âme. Je veux, ô Jésus, vous aimer, et je sais bien alors que vous ne me refuserez pas votre amour aujourd'hui, ni à l'heure dernière !

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Source : R.P. Charles Parra, S.J. dans Tibériade, Apostolat de la Prière, Toulouse, 1925, p.47

YT Source http://www.lumenc.org/yt/unam_sanctam_1.htm

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